Trois priorités polynésiennes défendues devant les agences régionales du Pacifique
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Trois priorités polynésiennes défendues devant les agences régionales du Pacifique

1 sept. 2026

Le président Brotherson a porté trois priorités polynésiennes (numérique, énergie, tourisme) devant les organisations régionales du Pacifique, à Palau.

Le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, est intervenu dans le cadre du dialogue des dirigeants du Pacifique avec le Conseil des organisations régionales du Pacifique (CROP).

Cet échange de haut niveau, organisé dans le cadre du 55ᵉ Forum des dirigeants des îles du Pacifique, portait sur la gouvernance du numérique et de l'intelligence artificielle, la transition énergétique et l'évolution de l'architecture régionale.

Ces grandes orientations structurent aujourd'hui la coopération entre les États et territoires du Pacifique. Chaque dirigeant était ainsi invité à formuler ses attentes, afin que l'action de ces organisations réponde concrètement aux politiques publiques des pays-membres.

Former la jeunesse aux métiers du numérique

Sur le numérique, le Président a défendu l'idée que les technologies utilisées dans la région doivent être pensées par et pour les Polynésiens, plutôt qu'importées telles quelles.

Il a cité en exemple le programme Pacific Genius, une initiative du Pays lancée en novembre 2025 pour former sa jeunesse aux métiers du numérique, de l'innovation et des industries créatives, et a proposé de l'ouvrir aux jeunes des autres pays du Pacifique.

Faire baisser la facture des hydrocarbures

Sur l'énergie, le Président a rappelé que la dépendance aux hydrocarbures importés expose directement les populations aux chocs des prix mondiaux, avec des répercussions sur les transports, le coût des produits importés et le coût de la vie.

Au-delà d'une proposition de mutualisation des achats de carburant entre pays du Pacifique, permettant de faire baisser les prix, il a insisté sur la nécessité de développer des solutions alternatives propres au territoire, évoquant le potentiel du SWAC polynésien et des technologies qui en découlent, telles que l'énergie thermique des mers (ETM) ou la désalinisation en eau profonde.

Il a également appelé à étudier la production locale de carburant d'aviation durable (SAF), notamment à partir d'algues, en soulignant à la fois l'urgence de s'organiser à la fois pour produire ce carburant et pour s'en approvisionner. Le secteur aérien international impose en effet aux compagnies un taux minimal d'incorporation de SAF, appelé à augmenter progressivement, et les compagnies polynésiennes ne parviennent aujourd'hui pas à s'en procurer.

Une situation d'autant plus pénalisante qu'à l'international, elles sont aussi évaluées sur leur utilisation de SAF, et que la Polynésie française, qui opère certains des trajets aériens les plus longs au monde, risque de se retrouver en retard sur cette exigence.

Préserver l'expertise touristique régionale

Enfin, sur l'organisation de la coopération régionale, le Président a défendu une meilleure coordination des organisations du Pacifique, sans démanteler celles qui fonctionnent bien. Il a ainsi pris la défense de l'Organisation du tourisme du Pacifique Sud (SPTO), qui soutient notamment la promotion de la destination Polynésie française à l'international, en s'appuyant sur un audit indépendant du cabinet KPMG montrant qu'il est possible de mieux coordonner les agences régionales sans remettre en cause l'expertise spécifique de la SPTO en matière de tourisme.

Le Président a rappelé l'engagement de longue date de la Polynésie française au sein de cette organisation, dont le Pays a assuré la présidence jusqu'en 2023, année où il a accueilli à Tahiti le Sommet du tourisme durable du Pacifique ainsi que le Conseil des ministres du tourisme, réunissant l'ensemble des représentants des pays membres de la région.