Le Gouvernement de la Polynésie française a présenté un projet de délibération portant avis de l'Assemblée de la Polynésie française sur un projet d'arrêté modifiant celui du 3 avril 2018 relatif au classement de la zone économique exclusive de la Polynésie française en espaces naturels protégés et à la création de zones de pêche réglementée. Ce projet a été porté par le ministre de l'Agriculture, des Ressources marines et de l'Environnement.
Cette évolution renforce le réseau d'aires marines protégées de protection forte au sein de Tainui Ātea, l'aire marine gérée qui couvre la quasi-totalité de la zone économique exclusive polynésienne depuis 2018. Elle s'inscrit dans le prolongement des engagements pris par le Président de la Polynésie française lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l'Océan (UNOC 3), à Nice, le 8 juin 2025.
Issu de plusieurs mois de concertation avec les communes, les représentants des archipels, les professionnels de la mer, les associations et les services de l'État, ce projet prévoit la création de plus de 519 336 km² de nouvelles réserves marines réparties entre les Marquises, les Australes et la Société Ouest. L'ensemble des zones marines polynésiennes bénéficiant du plus haut niveau de protection atteindra ainsi 1,6 million de km².
Dans l'archipel de la Société, l'organisation des aires marines protégées est revue avec la création distincte d'une aire marine protégée de la Société Est et d'une aire marine protégée de la Société Ouest, afin de mieux prendre en compte les spécificités de chaque secteur.
Les zonages retenus s'appuient sur les connaissances scientifiques disponibles ainsi que sur les savoirs des communautés locales. Ils visent à protéger des habitats essentiels pour les mammifères marins, les oiseaux de mer, les requins, les raies, les thons et de nombreuses espèces associées aux monts sous-marins.
Le projet a également été conçu pour limiter son impact sur la pêche hauturière. Les analyses réalisées à partir des données de pêche montrent que l'ensemble des nouvelles mesures représenterait un impact inférieur à 1,6 % de l'effort de pêche total. La réserve créée aux Marquises n'a aucun impact mesurable sur l'activité de pêche observée au cours des dix dernières années, tandis que celle des Australes représente un impact inférieur à 0,5 % de l'effort de pêche.
Le Gouvernement considère que ces mesures permettront de mieux protéger les ressources marines tout en préservant l'activité économique. À plus long terme, elles pourraient contribuer au renouvellement des stocks halieutiques grâce à l'effet de débordement observé autour de nombreuses aires marines protégées dans le monde, où les populations de poissons se reconstituent dans les zones protégées avant de se diffuser vers les zones ouvertes à la pêche.
Le projet comporte également plusieurs ajustements destinés à améliorer la lisibilité de la réglementation, à renforcer la gouvernance des aires marines protégées et à préciser certaines règles applicables aux activités de pêche et à la protection des écosystèmes marins.
À travers cette modification, le Gouvernement poursuit son ambition de concilier protection de l'océan, sécurité alimentaire, développement économique et transmission du patrimoine naturel et culturel aux générations futures.
Le Conseil des ministres a approuvé ce projet de délibération, qui sera soumis pour avis à l'Assemblée de la Polynésie française avant adoption définitive des modifications proposées.