La Polynésie française fait entendre la voix du Pacifique à l'international
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La Polynésie française fait entendre la voix du Pacifique à l'international

2 juil. 2026

Réunis à Mombasa (Kenya) du 16 au 18 juin pour la 11e édition de la Conférence Our Ocean, l'un des rendez-vous internationaux de référence sur les enjeux océaniques, plus de 5 000 délégués venus du monde entier ont échangé sur l'avenir de la protection des mers.

Face à ces délégations, le ministre de l'Agriculture, des Ressources marines et de l'Environnement, Taivini Teai, a présenté le modèle polynésien de protection de l'océan et porté un message pour que les peuples qui protègent l'océan soient aussi entendus dans les décisions internationales qui le concernent.

Une aire marine protégée qui approche 1,4 million de km²

Le ministre est intervenu lors de la première séance plénière de la conférence, consacrée à l'objectif international de protection de 30% de l'océan d'ici 2030 (« 30x30 ») et à la protection de la haute mer. Il y a présenté les avancées de la Polynésie française dans la mise en œuvre de Tainui Atea, l'aire marine protégée qui couvre l'ensemble de l'espace maritime polynésien.

Il a notamment rappelé l'adoption, aux Marquises et aux Australes, de plus de 27 000 km² de zones protégées supplémentaires et de mesures de protection pour plusieurs dizaines de monts sous-marins, ainsi que l'engagement de créer près de 520 000 km² d'espaces additionnels sous protection stricte. À terme, ces mesures porteront à environ 1,4 million de km² la superficie placée sous protection stricte, soit près de 30% de l'espace maritime polynésien, un niveau conforme à l'objectif fixé par le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.

Un modèle construit avec les acteurs locaux

Au-delà des chiffres, la Polynésie française a surtout mis en avant la singularité de sa méthode : une protection de l'océan construite avec les populations, les communes, les pêcheurs, les associations, les scientifiques et les détenteurs des savoirs traditionnels. Cette méthode se lisait jusque dans la composition de la délégation polynésienne. Aux côtés du ministre siégeaient les maires d'Ua Pou et de Tubuai, ainsi que des représentants des comités locaux de gestion, des associations et de la société civile des archipels concernés.

« Cette participation a permis d'illustrer concrètement le modèle de gouvernance de Tainui Atea, fondé sur l'idée que la protection de l'océan doit être décidée, mise en œuvre et défendue avec les communautés locales, qui en sont les premières gardiennes », a expliqué le ministre Taivini Teai.

Porter la voix des territoires insulaires au-delà de ses propres frontières

Devant les délégations présentes, la Polynésie française a également plaidé pour des priorités qui dépassent son seul territoire :

  • Un renforcement de la protection de la haute mer,
  • Une meilleure préservation des corridors écologiques reliant les grandes aires marines protégées du Pacifique,
  • Une application plus effective du principe pollueur-payeur.

Le ministre a rappelé que les territoires insulaires qui consacrent une part importante de leurs espaces marins à la conservation doivent être davantage associés et soutenus dans la gouvernance internationale de l'océan.

Aux côtés des ministres et représentants de la Jamaïque, du Mozambique, de la Namibie, de Palau, de l'Afrique du Sud, de la France, de l'Allemagne et de l'Irlande, ainsi que de nombreuses organisations engagées dans la conservation marine, la Polynésie a plaidé pour que la gouvernance de l'océan accorde une place centrale aux peuples autochtones et aux communautés locales, à la qualité de la gestion des espaces protégés, au financement durable de la conservation et à la protection de la haute mer.

Le ministre a par ailleurs présenté, lors d'un événement de haut niveau consacré au financement des aires marines protégées, les travaux engagés pour construire un modèle de financement pérenne de Tainui Atea. La Polynésie française y était invitée en qualité de territoire pilote, aux côtés notamment des Seychelles et de la République dominicaine.

Des alliances internationales pour peser sur les futures négociations

En marge des séances officielles, le ministre a multiplié les rencontres bilatérales avec l'ancien Secrétaire d'État américain John Kerry, avec la délégation chilienne, dont le réseau d'aires marines protégées ouvre des perspectives pour une future Ceinture Bleue du Pacifique, avec les Seychelles, confrontées comme la Polynésie aux dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants, et avec les Comores, engagées dans le même objectif de protection de 30% de leur espace maritime. Il a également engagé un dialogue avec des représentants māori, hawaïens et rapanui pour explorer la constitution d'un réseau des grandes aires marines protégées portées par les peuples polynésiens.

Ces échanges s'inscrivent dans la promotion de la Déclaration de Matavai, adoptée le 8 juin 2026 à Tahiti, qui porte notamment l'interdiction des DCP dérivants et le financement durable des services environnementaux rendus par les territoires qui protègent l'océan pour l'ensemble de l'humanité.