Smart Polynesia : le Pays installe son nouveau comité consultatif du numérique
Numérique

Smart Polynesia : le Pays installe son nouveau comité consultatif du numérique

19 juin 2026

Le comité consultatif Smart Polynesia a tenu sa réunion inaugurale ce jeudi 18 juin 2026 à la Présidence de la Polynésie française. Cette nouvelle instance de concertation public-privé doit éclairer les choix du Pays en matière de numérique, de la connectivité à la souveraineté des données, avec une attention particulière portée à l'exportation des compétences locales.

Une concertation directe entre acteurs publics et privés

Réuni pour la première fois au salon d'honneur de la Présidence, sous l'autorité de Moetai Brotherson, Président et ministre chargé du Numérique, le comité a été créé par arrêté en conseil des ministres le 4 mai 2026. Son objet premier : rétablir des passerelles directes entre les acteurs publics et privés du secteur.

Il rassemble le Haut-commissaire de la République en Polynésie française, le président de la Polynésie française, le ministre de l'Économie, du Budget et des Finances, ainsi que les représentants de la DGEN, de la DSI, de l'UPF, de la CCISM, de l'OPEN, de la French Tech, du MEDEF et de la CPME.

Instance consultative et technique, le comité vise une structure agile. Il se substitue à l'organisation antérieure, dont la multiplicité des instances nuisait à la réactivité attendue dans un secteur en constante évolution.

Des priorités, de la connectivité à la souveraineté numérique

Les travaux du comité viseront à dégager des axes prioritaires : la connectivité, l'intelligence artificielle, l'hébergement des données et la souveraineté numérique qui en découle, ainsi que la formation et l'emploi. Le comité accompagnera également l'avancement du schéma directeur du numérique.

Le ministre de l'Économie, du Budget et des Finances a décrit un « sujet transverse, dont les enjeux majeurs seront l'hébergement et la protection des données, la cybersécurité et l'usage de l'intelligence artificielle dans les entreprises comme dans l'administration ».

Du côté des professionnels, la fiabilité des réseaux reste centrale : « La connectivité et sa redondance sont pour nous des sujets majeurs, au même titre que la formation, la cybersécurité et l'intelligence artificielle », a souligné Olivier Kressmann.

Cette première séance a aussi permis d'aborder d'autres sujets d'intérêt pour les professionnels, comme le retour des Polynésiens partis se former à l'extérieur, la portabilité des numéros de téléphone ou encore l'attractivité du territoire, autant pour les compétences extérieures que pour les Polynésiens déjà engagés dans le numérique.

À ce titre, la CPME a salué "une démarche constructive privilégiant l'anticipation" et appelé les entreprises locales à s'inscrire dans ce futur plan, pour développer et pérenniser les compétences sur place.

L'exportation au cœur des échanges

Alors qu'une délégation de cinq entrepreneurs polynésiens représente le Pays au salon international VivaTech, la French Tech voit dans le numérique une filière d'avenir : « Le numérique peut devenir, à l'image du rhum ou de la perle, une véritable filière d'exportation pour le territoire. » Elle souligne les perspectives de rayonnement des acteurs locaux dans le bassin Pacifique comme au niveau national.

Le Président Brotherson a rappelé que « le numérique doit se construire avec celles et ceux qui le font vivre et ce comité permet de redonner toute sa place au dialogue avec les professionnels, pour bâtir des politiques publiques ancrées dans les réalités du secteur. La réflexion sur l'exportation y est essentielle si nous voulons un tissu local solide dans cette économie numérique ».

Un appui de l'État

Le représentant du Haut-commissaire de la République en Polynésie française a évoqué « des priorités partagées », sur lesquelles l'État pourra « apporter un appui financier, mais pas seulement ». Il a rappelé les discussions déjà engagées avec le Pays sur l'identité numérique et son interopérabilité avec les services nationaux, ainsi que l'accompagnement de projets dans le cadre de France 2030 territorialisé, qualifiant le numérique de « secteur clé pour l'économie polynésienne de demain ».