Le président de la Polynésie française plaide pour l'aire marine Tainui Atea devant les bailleurs internationaux du Pacifique.
Moetai Brotherson est intervenu ce dimanche à la table ronde sur les partenariats océaniques, organisée en ouverture du Forum, à Koror.
Devant les bailleurs et partenaires financiers réunis pour identifier les priorités océaniques du Pacifique, il a présenté Tainui Atea non comme une simple zone protégée, mais comme un projet porté par le Pays.
"Tainui Atea est bien plus qu'une aire marine protégée. C'est un choix de développement pour notre peuple, une pirogue de voyage polynésienne et une expérience que nous sommes heureux de partager avec notre famille du Pacifique", a-t-il déclaré.
Le président a rappelé que la santé de l'océan conditionne directement, en Polynésie française, le tourisme, la perliculture, l'aquaculture, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des pêcheurs locaux. "La valeur de l'océan ne réside donc pas seulement dans ce que nous pouvons en extraire, mais aussi dans ce que nous pouvons en apprendre et utiliser de façon durable", a-t-il souligné, citant notamment le potentiel des eaux profondes et froides, valorisées par le dispositif SWAC pour climatiser hôpitaux et hôtels tout en soutenant la recherche.
Le président a salué d'autres démarches menées dans la région : le sanctuaire marin national de Palau et la pratique traditionnelle du bul, ainsi que le récent corridor océanique mélanésien de réserves associant Fidji, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Vanuatu. Il a souligné que ces initiatives, dont Tainui Atea, ne sont pas des modèles concurrents mais des expressions complémentaires d'un même engagement régional. "Aucun de nous ne peut protéger l'océan seul. Une baleine ne connaît pas nos frontières. Un thon non plus", a-t-il rappelé.
Il a formé le vœu que ces différentes initiatives puissent converger vers une "ceinture bleue du Pacifique" fondée sur la science, les savoirs traditionnels et la coopération, plutôt que sur un modèle unique imposé d'en haut.
Devant un public incluant la Banque mondiale, le Fonds vert pour le climat, le Fonds pour l'environnement mondial et le Bezos Earth Fund, le président a insisté sur la nécessité d'un financement prévisible et durable pour soutenir la science, la surveillance et l'engagement des communautés.
"Il ne s'agit pas de demander à d'autres de faire le travail à notre place. Il s'agit de construire des partenariats qui permettent aux peuples du Pacifique d'être aux commandes, avec les moyens nécessaires pour assumer cette responsabilité", a-t-il conclu.