Conseils des ministres

Conseil des ministres du 8 juin 2026

8 juin 2026

En présence d’acteurs internationaux et locaux engagés dans la protection de l’Océan, le Conseil des ministres réuni en session extraordinaire à l’occasion de la journée mondiale de l’Océan, a examiné et adopté les dossiers suivants. 

Arrêtés

Le ministre de l'Agriculture, des Ressources marines et de l'Environnement a présenté un projet de délibération portant avis de l’Assemblée de la Polynésie française sur un projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 3 avril 2018 relatif au classement de la zone économique exclusive de la Polynésie française en espaces naturels protégés et à la création de zones de pêche réglementée. 

Cette évolution s’inscrit dans le prolongement des engagements pris par le Président de la Polynésie française lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC 3) à Nice le 8 juin 2025, afin de renforcer la protection des espaces marins polynésiens tout en préservant les activités économiques et les usages traditionnels. 

Résultat de plusieurs mois de concertation avec les communes, les représentants des archipels, les professionnels de la mer, les associations et les services de l’État, ce projet de délibération prévoit la création de plus de 519 336 km² de nouvelles réserves marines réparties entre les Australes, les Marquises et la Société Ouest, portant à 1,6 millions de km² les zones marines polynésiennes bénéficiant du plus haut niveau de protection. 

  • Aux Marquises, une nouvelle aire marine protégée de plus de 129 412 km² est créée à la limite de la zone économique exclusive. La protection est également renforcée autour des îles, des monts sous-marins et des corridors écologiques qui les relient. Une aire marine protégée gérée de plus de 472 652 km² est par ailleurs instituée afin d’assurer une gouvernance associant étroitement les communautés marquisiennes et les acteurs de la mer. 

  • Aux Australes, une aire marine protégée de près de 373 841 km² est créée et la protection de plusieurs monts sous-marins et espaces marins d’importance écologique, culturelle et vivrière est renforcée. 

  • Dans l’archipel de la Société, l’organisation des aires marines protégées est revue avec la création distincte d’une aire marine protégée de la Société Est et d’une aire marine protégée de la Société Ouest, afin de mieux prendre en compte les spécificités de chaque secteur. 

Les zonages retenus reposent sur les connaissances scientifiques disponibles ainsi que sur les savoirs des communautés locales. Ils visent notamment à protéger des habitats essentiels pour les mammifères marins, les oiseaux de mer, les requins, les raies, les thons et de nombreuses espèces associées aux monts sous-marins. 

Le projet a également été conçu afin de limiter son impact sur la pêche hauturière. Les analyses réalisées à partir des données de pêche montrent que l’ensemble des nouvelles mesures représenterait un impact inférieur à 1,6 % de l’effort de pêche total. La réserve créée aux Marquises n’a ainsi aucun impact mesurable sur l’activité de pêche observée au cours des dix dernières années, tandis que la réserve des Australes représente un impact inférieur à 0,5 % de l’effort de pêche. 

Le Gouvernement considère que ces mesures permettront de mieux protéger les ressources marines tout en préservant l’activité économique. À plus long terme, elles pourraient également contribuer au renouvellement des stocks halieutiques grâce à l’effet de débordement observé autour de nombreuses aires marines protégées dans le monde, où les populations de poissons se reconstituent dans les zones protégées avant de se diffuser vers les zones ouvertes à la pêche. 

Le projet comporte également plusieurs ajustements destinés à améliorer la lisibilité de la réglementation, à renforcer la gouvernance des aires marines protégées et à préciser certaines règles applicables aux activités de pêche et à la protection des écosystèmes marins. 

À travers cette modification, le Gouvernement poursuit son ambition de concilier protection de l’océan, sécurité alimentaire, développement économique et transmission du patrimoine naturel et culturel aux générations futures. 

Le Conseil des ministres a approuvé ce projet de délibération qui sera soumis pour avis à l’Assemblée de la Polynésie française, avant adoption définitive des modifications proposées. 

Le ministre de l'Agriculture, des Ressources marines et de l'Environnement a présenté un arrêté portant modification de l'arrêté du 3 avril 2018 relatif au classement de la zone économique exclusive de la Polynésie française en espaces naturels protégés et à la création de zones de pêche réglementée. 

Ce projet s'inscrit dans la continuité des engagements du Gouvernement de la Polynésie française pris lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l'océan (UNOC 3) de renforcer la protection des espaces marins polynésiens, au bénéfice des ressources halieutiques côtières, des monts sous-marins et des écosystèmes présentant un intérêt écologique, culturel ou vivrier particulier.  

Le présent arrêté, adopté à l'occasion de cette journée mondiale de l'Océan, constitue une première étape de révision actant les mesures relatives aux zones de pêche réglementée, relevant directement de la compétence du Conseil des ministres, tandis que les nouvelles aires marines protégées des Marquises et des Australes sont soumises parallèlement pour avis aux membres de l'Assemblée de la Polynésie française. 

Les mesures adoptées concernent deux archipels : 

  • Aux Australes, les zones de protection côtière sont maintenues à 15 milles nautiques des eaux intérieures des îles de Maria, Raivavae, Rimatara, Rurutu et Tubuai, et étendues à 30 milles nautiques autour de Rapa et Marotiri. Des zones de pêche réglementée sont en outre instaurées autour de monts sous-marins d'intérêt culturel ou environnemental, dont le récif Arago, le mont Bouchard, le banc du Président Thiers et le récif Neilson, portant la superficie nouvellement protégée à 8 347 km².  

  • Aux Marquises, les zones de protection côtière sont maintenues à 15 milles nautiques des eaux intérieures des îles, et étendues à 5 milles nautiques autour de 18 monts sous-marins supplémentaires ainsi qu'aux corridors entre les îles et ces monts, pour une superficie nouvellement protégée de 18 899 km². Dans l'ensemble de ces zones, la pêche par des navires de plus de 12 mètres est interdite, afin de préserver prioritairement les ressources exploitées par la pêche côtière et artisanale. 

Ces zonages sont le fruit d'un long processus de concertation conduit depuis 2024 avec les communes, les hakaiki, les tāvana, les associations de protection de l'environnement et les représentants de la filière pêche des deux archipels.  

Les maires des Australes ont validé les propositions le 14 février 2026 et ceux des Marquises le 17 avril 2026, considérant que cette protection côtière constitue un progrès pour la population et la pêche locale. 

À travers cette décision, le Gouvernement réaffirme son engagement en faveur d'une gestion durable et responsable des ressources marines de la Polynésie française, dans le respect des équilibres entre protection des écosystèmes et activités économiques des archipels. 

Communications

Le ministre de l’Agriculture, des Ressources marines et l’Environnement a présenté une communication relative à l’approbation des plans de gestion des aires marines protégées (AMP) des Gambier et de la Société Ouest, élaborés en application de l’arrêté du 3 avril 2018 modifié portant classement de la zone économique exclusive de la Polynésie française en espaces naturels protégés et création de zones de pêche réglementée. 

Conformément au code de l’environnement, ces plans de gestion constituent les documents de référence qui encadreront, pour une durée de dix ans, la protection, la gestion et le développement durable de ces espaces marins protégés. Ils définissent les orientations stratégiques, les actions à mettre en œuvre ainsi que les mesures réglementaires nécessaires à la préservation des écosystèmes et des usages traditionnels. 

Leur élaboration a reposé sur une démarche de concertation approfondie associant les services du Pays, les services de l’État, les communes concernées, les acteurs économiques, les associations environnementales ainsi que les populations locales. Plusieurs missions de terrain, ateliers participatifs et réunions techniques ont permis de co-construire ces documents avec les communautés concernées. 

Aux Gambier, les travaux engagés depuis septembre 2025 ont abouti à l’élaboration d’un plan de gestion articulé autour de trois objectifs à long terme : 

  • Préserver le patrimoine naturel et culturel marin des Gambier ; 

  • Promouvoir des activités économiques durables et respectueuses de l’environnement ; 

  • Fédérer les acteurs locaux autour de la gestion de l’aire marine protégée. 

 

Le plan précise également les modalités d’application des dispositions prévues par l’arrêté de classement, notamment en matière de pêche et d’activités touristiques. Il privilégie une pêche artisanale et traditionnelle destinée en priorité aux besoins alimentaires locaux, tout en encadrant les activités commerciales et professionnelles. Les activités touristiques pourront être autorisées lorsqu’elles sont compatibles avec les objectifs de conservation de l’aire marine protégée. 

Pour la Société Ouest, comprenant Maupiti, Maupiha’a, Manuae, Motu One et la grande réserve intégrale associée, le plan de gestion s’appuie également sur trois objectifs à long terme : 

  • Connaître et préserver le patrimoine marin naturel et culturel ; 

  • Accompagner le développement d’activités économiques durables et encadrer les usages ; 

  • Assurer une gouvernance transparente et mobiliser l’ensemble des acteurs concernés. 

 

Les concertations menées avec les populations et les représentants locaux ont notamment conduit à proposer l’interdiction de la pêche à la palangre pélagique horizontale, une méthode de pêche ciblant les grands poissons migrateurs en pleine mer au moyen de longues lignes équipées de nombreux hameçons, dans l’ensemble des zones de protection côtière de Maupiti et des trois atolls associés. 

Ces deux plans de gestion constituent désormais les feuilles de route opérationnelles des aires marines protégées concernées. Ils permettront de coordonner les actions de conservation, de renforcer la connaissance des milieux marins, d’accompagner les activités économiques durables et d’assurer une gouvernance partagée avec les communautés locales. 

Le Conseil des ministres a pris acte de ces plans de gestion et des mesures réglementaires associées, issus d’un important travail de concertation conduit avec les populations et les partenaires institutionnels.